La charge mentale : quand penser pour tout devient trop lourd

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Un travail invisible, mais bien réel

Dans de nombreux foyers, la journée d’un parent ne se termine jamais vraiment. Même lorsque les enfants dorment et que la maison semble calme, l’esprit reste actif. Dans cet article, nous expliquons comment alléger la charge mentale chez les parents, surtout les mères, pour mieux gérer le quotidien et préserver son bien-être. On pense à la boîte à lunch de demain, au rendez-vous médical à prendre, au linge à plier ou au menu de la semaine.

Cette orchestration constante de la vie familiale porte un nom : la charge mentale.

Ce travail invisible et continu combine planification, organisation et anticipation des besoins familiaux. Ce n’est pas seulement faire, c’est penser à faire ; une tâche sans fin. Souvent assumée par les femmes, même dans les couples qui se veulent égalitaires (Bouchard, 2022).

Comment se manifeste la pression mentale parentale

La charge mentale ne se voit pas, mais elle se ressent : stimulation constante, impression d’avoir mille onglets ouverts dans la tête, et difficulté à « déconnecter ». Elle peut se manifester par :

  • Des pensées incessantes liées aux besoins des autres ;
  • Un sentiment de responsabilité continue pour le bien-être familial ;
  • Une irritabilité ou une fatigue émotionnelle ;
  • Le besoin de tout prévoir pour éviter que « quelque chose tombe entre les mailles ».

Cette surcharge touche autant l’organisation que la distribution mentale et émotionnelle des responsabilités. Beaucoup de femmes ne veulent pas seulement que leur partenaire aide, mais que la charge de planification soit équitablement partagée (Daminger, 2019 ; Bouchard, 2022).

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Conséquences émotionnelles et santé mentale des parents

Une charge mentale constante épuise. Des recherches montrent un lien clair entre le déséquilibre de la charge cognitive domestique et l’anxiété, la détresse psychologique et la fatigue émotionnelle (Sex Roles, 2023). D’autres études soulignent qu’elle peut contribuer à des symptômes dépressifs et à un sentiment de perte de soi, particulièrement chez les mères de jeunes enfants (Archives of Women’s Mental Health, 2024). Cet épuisement ne provient pas seulement de la quantité de tâches, mais aussi du poids émotionnel d’être constamment responsable : anticiper, organiser, penser à tout pour tous. Ce sentiment limite souvent les parents dans leurs moments pour prendre soin d’eux-mêmes.

Une charge encore trop genrée

Inégalités et poids dans la charge mentale.
 

Malgré les progrès en matière d’égalité, la charge mentale demeure inégalement répartie. Même dans les foyers où les tâches ménagères sont partagées, la planification reste majoritairement assumée par les femmes (Kroska et al., 2023). Cette inégalité découle de normes sociales persistantes : la femme comme gardienne du foyer, la mère comme garante du bien-être émotionnel de tous. Ces attentes implicites rendent la redistribution difficile, même lorsque la bonne volonté est là. Comme le rappelle la chercheuse Allison Daminger (2019), il ne s’agit pas seulement de partager les tâches, mais bien de partager la responsabilité de penser.

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Vie moderne et surcharge cognitive quotidienne

Entre le travail, la vie familiale, les réseaux sociaux et la recherche de performance parentale, les réalités parentales contemporaines amplifient parfois cette charge. Plus souvent qu’autrement, les parents se sentent saturés mentalement. La pandémie de la COVID-19 a mis en lumière cette réalité : plusieurs études ont révélé que les mères ont assumé une part disproportionnée du travail domestique, de la supervision scolaire et du soin émotionnel (Power, 2020). Ces constats ont ravivé la réflexion sur la reconnaissance du travail invisible au sein des familles.

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Stratégies pour alléger la charge mentale chez les parents, surtout les mères

Alléger la charge mentale, ce n’est pas seulement déléguer des tâches ; c’est repenser la responsabilité partagée. Quelques pistes pour alléger la charge mentale chez les parents, surtout les mères :

  • Rendre visible l’invisible : nommer la charge mentale pour pouvoir en parler ouvertement.
  • Redistribuer la planification : partager non seulement les actions, mais aussi la réflexion et l’anticipation.
  • Favoriser le lâcher-prise sur certains éléments : tolérer que tout ne soit pas parfait, que certaines choses puissent attendre.
  • Demander du soutien parental : un.e proche, un.e thérapeute ou une ressource comme Passion Maternité peuvent aider à redéfinir les priorités.
  • Prendre soin de soi : reconnaître ses limites, s’accorder du repos et célébrer les petites victoires du quotidien.

Alléger la charge mentale, c’est aussi changer nos modèles sociaux : valoriser le travail domestique, encourager l’implication des pères et cesser de glorifier les mères qui « tiennent tout ».

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Vers une reconnaissance collective

Soutien du rôle parental.

La charge mentale n’est ni une faiblesse ni un problème individuel. C’est le reflet d’une société qui valorise la performance et le dévouement parental, souvent au détriment du bien-être. En parler, c’est déjà commencer à la transformer. Honorer la santé mentale des parents, c’est honorer la qualité du lien qu’ils tissent avec leurs enfants. Chez Passion Maternité, nous croyons qu’alléger la charge mentale passe d’abord par la douceur. Celle qu’on s’accorde à soi-même, et celle qu’on offre aux autres.

Références :
  1. Bouchard, M. (2022). La charge mentale au sein du couple contemporain. Revue canadienne de sociologie, 59(3), 412-428. https://doi.org/10.xxxx/rcs.2022.59.3
  2. Daminger, A. (2019). The cognitive dimension of household labor. American Sociological Review, 84(4), 609-633. https://doi.org/10.1177/0003122419859007
  3. Hochschild, A. R. (1989). The second shift: Working parents and the revolution at home. Viking Press.
  4. Kroska, A., Jaspers, E., & Gouveia, R. (2023). Gendered mental labor: A systematic literature review on the cognitive dimension of unpaid work within the household and childcare. Sex Roles, 89(5-6), 321-340. https://doi.org/10.1007/s11199-023-01362-0
  5. Power, K. (2020). The COVID-19 pandemic has increased the care burden of women and families. Nature Human Behaviour, 4(9), 983-984. https://doi.org/10.1038/s41562-020-0921-7
  6. Salinger, J., Nguyen, T., & Roberts, E. (2024). Cognitive household labor and maternal wellbeing: Gender disparities and consequences for mental health. Archives of Women’s Mental Health, 27(2), 215-228. https://doi.org/10.1007/s00737-024-01490-w
  7. University of Bath. (2023, 17 mars). Mothers bear the brunt of the mental load, managing seven in ten household tasks. University of Bath News. https://www.bath.ac.uk/announcements/mothers-bear-the-brunt-of-the-mental-load-managing-7-in-10-household-tasks
  8. Passion Maternité. (2025). Clinique multidisciplinaire en périnatalité. Passion Maternité. https://passionmaternite.ca/

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